mardi, 08 février 2011

Julius Cesare, Haendel. UGC, en direct de Garnier le 7 février

JulesCesar01-Natalie-Dessay-et-lawrence-Zazzo.jpgRavis de notre première experience d'opera en direct au cine du Met, nous sommes allés a l'UGC hier soir pour la retransmission en direct de l'opera Garnier de "Jules Cesar" de Haendel.

Une de mes amies, très connaisseuse, m'avait fait sa critique après être allé à Garnier vendredi dernier .... et ce n'était pas très encourageant! Mise en scène enervante et très bruyante, direction musicale sans relief, notre Dessay nationale pas aussi brillante qu'autrefois avec même des couacs ....peu applaudie, heureusement d'autres chanteuses étonnantes,  bref une soirée de 4h d'ennui total! oulala....

Mais j'aime trop Haendel et Dessay pour renoncer à y aller.... et  j'ai bien fait! j'ai passé une soirée absolument enchanteresse.....

La mise en scène de Pelly nous est surement apparu de façon très differente car nous sommes au cinema, et donc un autre realisateur interprète la mise en scène, choisit ses plans, notamment focus sur les chanteurs... en l'occurence cela a dû beaucoup joué car nous n'avions pas en permanence le ramdam des figurants poussant les objets etc.qui semble-t-il gênait beaucoup ,  notamment par le bruit occasionné. En effet, la prise de son ne "prend" que la musique. Du coup, le côté léger voire farceur de la mise en scène de Pelly est très interressant, met l'accent sur l'histoire amoureuse Cesar-Cleopatre, et evite de tomber dans le pathos du drame qui se deroule par ailleurs. Les gros plans ajoutent encore en nous laissant capter les expressions des visages des chanteurs-acteurs... car tous jouent vraiment bien leur rôle au-delà de le chanter ... J'avais apprécié déjà la direction d'acteurs de Pelly dans Elixir d'amor (voir ma note) et la encore, j'ai aimé son regard sur ce livret qui finalement souligne beaucoup plus par contraste les travers de l'espèce humaine, son désir de pouvoir, sa noirceur, cupidité, bêtise, envie, cruauté, versatilité mais aussi sa tendresse, son besoin absolu d'être aimé, d'aimer...

Côté musique, j'ai beaucoup aimé la direction de Emmanuelle Haïm, tempo rapide, vif, dynamique, son très clair, haendel y gagne beaucoup en legèreté,  très rythmé, par moment limite rock... très etonnant, notamment un duo sextus-Cornellia à la fin du 1er acte absolument incroyable. beaucoup de virtuosité d'ailleurs des deux interprètes, avec un mention speciale pour Isabel Leonard, pleine de force et emotion dans le rôle de Sextus.

Lawrence Zazzo est parfait dans ce Cesar amoureux, sensible... un jeu d'acteur très fin, une voix engeoleuse, très beau timbre... magnifique.

Mention particulière aussi pour Christophe Dumaux, franchement drôle dans le rôle de Ptolémé, belle voix, de la force, un timbre sans doute avec moins de velouté et de metier que Lazzo, mais il est jeune.... a suivre donc.

Et Nathalie Dessay me direz vous ? à la base je suis fan, j'adore son jeu, son espièglerie qui dans cette mise en scène est parfaite. j'adore sa voix cristalline, capable d'envolée incroyable de pureté et de sûreté, se retirant comme une vague dans des pianos veloutés profond... elle joue avec sa voix avec un telle virtuosité... des grands moments, particulièrement dans le second acte, vraiment merveilleux. un peu fatiguée dans le dernier acte, mais il faut dire aussi que la partition est moins valorisante...

Côté costume, disons que c'est inegal.... globalement pas mal, un peu moyen pour Cleopatre... N'oublions pas que nous avions des gros plans très souvent... les tenues de Nathalie Dessay sont un peu trop jeune nymphe evanescente.... avec un juste au corps aux faux nichons... Dessay est une belle femme, mais pas de 20 ans, et je n'ai franchement pas trouvé que ces costumes la mettait en valeur... quant à sa coiffure , elle était absolument moche.... pourquoi ces cheveux courts noirs hirsutes ....vraiment dommage, très ordinaire... et surtout je ne vois pas la justification sachant que Cleopatre est reputée pour sa beauté et sa feminité... et sa coiffure! A trop vouloir faire original, parfois on s'égare!

La musique de Haendel est absolument magnifique... reconcilie avec le monde entier, pas une minute d'ennui durant ces 4h, malgré les crampes aux jambes, la chaleur de la salle, les problèmes techiques de retransmission (image qui saute, voir trou noir...) seule la musique comme une merveilleux fil conducteur apaisant....un regal sous cette forme cinema en tout cas

mercredi, 17 novembre 2010

Don Pasquale, Donizetti, direct live HD du Met opera

metspan.jpgJe pensais être brouillée avec le Met.... et cette soirée m'a reconcilié avec lui....

N'etant pas à New York, j'ai profité des diffusions en direct en cine HD, transmise dans le monde entier  par le Met opera, pour profiter de leur production de "Don Pasquale", de Donizetti.

C'est  le premiere fois que j'assistais à cette formule, que je recommande chaudement. Pour info, il faut se renseigner pour la France sur le site de ciel ecran, afin de connaitre le cinema qui diffuse ces evenements.

Cette idée est géniale, et donne accès à tous au plus grands interpretes.

L'autre plaisir c'est que c'est filmé comme une vraie production cinematographique ( et non un plan statique).

Le jeux des acteurs nous accompagnent totalement. Durant les intermèdes, entractes et changement de decors, nous nous glissons dans les coulisses où une journaliste style Eve Ruggieri nous commente l'opera, interviewe les chanteurs entre deux scenes etc.... au milieu des decors en mouvement. vraiment top et c'est un plus qui compense le fait de ne pas être sur place. Et tout le monde se sent vraiment en direct....et applaudit!

Bref, vous m'avez compris, renseignez-vous vite pour connaitre le cine participant près de chez vous ... et vivement que toutes les scènes du monde s'y mettent!

Nous avons passé un vrai moment de bonheur, tout parfait:

Les voix, avec en preferée bien sûr Anna Netbretko, ma chouchoute depuis toujours, qui est delicieuse dans le role de Norina. on a envie d'etre son amie, et elle nous fait beaucoup rire.... Decidement Donizetti lui va comme un gant ( souvenir d'Elixir d'amour à Paris).

Les 3 rôles masculins qui l'accompagnent sont extras: Mariusz Kwiecien, dans le role du Dr Malatesta, avec ses faux airs de Jonnhy Depp. Matthews Polenzani, parfaitement romantique jeune premier dans le rôle superbe d'Ernesto, et bien sur John Del Carlo en un Don Pasquale truculent et repoussant à souhait!

Bref un moment vraiment sympa.... à refaire et ... à conseiller

 

jeudi, 20 mai 2010

Venise ....encore et toujours...

P1000815.JPGToujours un plaisir immense de sejourner à Venise....

Cette fois-ci nous aurons la grand joie d'aller à la Fenice demain ecouter Don giovanni...

J'ai choisi un petit hotel juste derrière le théatre, dont on aperçoit l'arrière de notre fenêtre... et quelle surprise quand en rentrant d'un bon petit resto pour diner d'entendre de notre chambre un chanteur echauffer sa voix avant d'entrer en scène! incroyable et emouvant!

promis demain je vous raconte tout!

samedi, 16 janvier 2010

La Scala...enfin!

nuovo-rigoletto-dettaglio2.jpgLa Scala de Milan... un mythe... un rêve enfin réalisé! et en plus  pour y entendre Rigoletto, un de mes opéras préférés ...bref l' idéal !

J'ai aimé le lieu, théatre plutôt intimiste, petit hall d'antrée, ambiance chic et discrète. Théatre rouge et or comme dans un conte... endroit chaleureux et accueillant. Nous etions bien placé, à l'orchestre, vers le milieu.

La mise en scène etait celle de Gilbert Deflo, metteur en scène belge réputé. j'avais déjà vu deux opéras mis en scène par lui, à Paris: Luisa Miller et "Un Bal masqué". J'avais beaucoup aimé chaque fois son visuel "peinture flamande" aux couleurs chatoyantes, et à la géométrie parfaite.

Rigoletto reste dans la même identité. La contrepartie de cela est peut être une action un peu figée, mais j'ai trouvé que pour ces trois opéras, cela convenait assez bien, et laissait aux chanteurs toute possibilité pour vivre leurs airs avec intensité, au grand bénéfice des voix.

J'ai lu que la scène de la Scala a été refaite avec un plancher spécial, comme à Barcelone, permettant une résonance particulière pour les voix. Et effectivement, il y avait manifestement une zone centrale qui portait les voix d'une façon incroyable. Deflo en a tiré parti, et les plus grands airs étaient chantés depuis cet endroit. Et quelle magie.... car plus besoin de pousser les voix comme c'est si souvent le cas... un vrai plaisir.

Leo Nucci incarnait Rigoletto. Le fait amusant est que ce chanteur tenait déjà l'affiche lors de la création de cette mise en scène à La Scala, il y a 25 ans. Il maitrise evidemment parfaitement cette partition et ce rôle si intense et dramatique, pour l'avoir si souvent interprété. Peut être pas avec toute la force de sa voix de jeune homme, c'est sûr, mais peu importe, c'etait un vrai moment d'emotion tellement il possède ce personnage.

Face à lui, Elena Mosuc en Gilda, avec qui il a déjà chanté plusieurs fois cet opéra, et dont la voix et le jeu théatrale se marrient à merveille avec ceux de Nucci.

Un bemol pour Stefano Secco qui nous présente un duc un peu insuffisant... un peu frustrant quand même sur les grands airs... certes, il joue bien, mais il pousse quelques notes dans les aigus franchement pénible... ça casse un peu l'ambiance! Heureusement qu'il a pu être rattrapé quand il chantait eu milieu de la scène....son timbre devient alors très doux . Pour l'avoir entendu plusieurs fois sur scène, je dirais que j'aime le timbre de sa voix, mais que malheureusement elle ne porte pas assez pour les grandes salles.

En résumé, une bonne production plaisante, dans un superbe lieu mythique.... à la hauteur de mes rêves!

jeudi, 14 janvier 2010

invictus

freeman-mandela.jpgSuper film! après gran torino, que j'avais trouvé ennuyeux...très "we have to talk" americain...ce nouveau film de Clint Eastwood  sur Nelson Mandela est très reussi.

Morgan freeman , dans le rôle de Mandela est parfait. J'avais entendu sur Europe 1 que Freeman connaissait Mandela, et que celui ci lui avait donné sa preference pour l'incarner dans un film si l'occasion se presentait.

Les hommes se sont rencontrés, et Freeman  raconte: "J'ai vraiment pu lui tenir les mains. Et oui, j'en retire énormément de choses en tant qu'acteur. Je peux le toucher. Je ressens l'impression, l'énergie qu'il y a au fond de cette personne, parce que Madiba est un homme très tranquille. A l'intérieur, au fond de son âme, c'est un homme tranquille. Il est extrêmement posé. Et j'ai pu le sentir"...

Et c'est tout à fait cela qu'on ressent dans le film. ... cette force interieure incroyable et si tranquille de Mandela, sûr de ses convictions , visionnaire aussi  dans sa volonté de réconcilier les noirs et les blancs... eviter tout esprit de revanche, pourtant bien ancrée dans l'esprit des noirs et on le comprend.... savoir passer au-dessus de cela pour créer un grand pays... quel courage et quelle leçon d'humanité...

Le film ne retrace bien sûr qu'une periode et surtout qu'un thème de sa vie , juste après sa prise de fonction de président suite à sa liberation. Et c'est là où l'oeil de Clint Eastwood intervient: axer tout le film sur l'engagement de Mandela dans la coupe du monde de rugby de 1995... tous autour des springbox pour en faire l'emblême de la nouvelle unité nationale sud-africaine et grâce à une immense ferveur qu'il transmet au Capitaine (joué par Matt Demon, extra) gagner contre les All Blacks, contre tous les prognostics evidemment...Un an après sa prise de fonction, le nouvel hymne national est chanté par tous...

Ce film est parfaitement bien construit, interressant, très emouvant ... laisse des traces dans nos têtes... comme ce poème qui a inspiré Mandela tout au long de son emprisonnement:

Invictus (invincible)

Dans la nuit qui m'environne,
Dans les ténèbres qui m'enserrent,
Je loue les dieux qui me donnent
Une âme à la fois noble et fière.

Prisonnier de ma situation,
Je ne veux pas me rebeller,
Meurtri par les tribulations,
Je suis debout, bien que blessé.

En ce lieu d'opprobre et de pleurs,
je ne vois qu'horreur et ombres
les années s'annoncent sombres
mais je ne connaitrai pas la peur.

Aussi étroit que soit le chemin,
Bien qu'on m'accuse et qu'on me blâme:
Je suis maître de mon destin;
Et capitaine de mon âme.

William Henley

dimanche, 10 janvier 2010

Salome, Bastille novembre 2009

salome_bastille_2009.jpgCet opera de Richard Strauss raconte une histoire tout à fait effroyable, mettant en scène Salome, fille d'Herode, qui sombre dans la folie ...

"Un seul acte, une seule ascension vers un cataclysme annoncé, une danse où le corps s’abandonne et jouit de lui-même, une mort enfin exaltée de sang et de désir : Salomé est sans doute l’opéra le plus décadent de l’histoire."

Voilà qui est clair!

Seulement justement, cet excès necessite une mise en scène à la hauteur... et j'ai été déçue par celle de Lev Dodin.. bien trop sage, statique, tellement dépouillée qu'il n'y a plus de support pour les acteurs... La fameuse danse, si difficile à faire sûrement pour une chanteuse, est un peu raté....un rien ridicule, surtout quand la jupe tombe trop tôt et que la chanteuse se retrouve à virevolter a moitié nue et essayant vainement de remettre le voile indiscipliné...! les costumes jaune petard  ne sont franchement pas réussis... bref vous m'avez compris, je n'ai pas aimé le visuel du spectacle!

Heureusement...car il y a un mais... les chants etait superbes... Camilla Nylund a une voix parfaite pour ce rôle qu'elle maitrise à merveille... on se laisse emporter même si on aimerait un peu plus de folie justement dans son chant  ... un mention speciale aussi pour Julia Juon dans le rôle d'Herodias, la mère... du côté des hommes, c'est très standard, disons, rien qui sorte du lot, et Thomas Moser est plutôt fade...

Mais finalement, en fermant un peu les yeux de temps en temps, sans être exceptionnel, le moment fut bon...

La Bohème, Bastille novembre 2009

Dessay-Boh-me-Bastille.jpgQue du bonnheur!

Je connaissais déjà cette mise en scène très plaisante de Jonathan Miller, vue à Londres.

L'ambiance de photos jaunies convient parfaitement à cette histoire tout à fait horrible contant la vie de bohème de jeunes gens artistes  sans le sou.... La musique de Puccini est vibrante avec tant d'airs qu'on chantonne dans nos têtes.. un opéra "facile" et equilibré que j'ecoute toujours avec un grand plaisir.

Ma motivation cette fois ci etait de retrouver Nathalie Dessay ( dont je suis fan...) , enfin dans un rôle d'opera italien. Elle incarne Musetta avec une élegance, et une gaîté géniale! On est evidemment frustrée car ce n'est pas le rôle principal... mais ça viendra, tant sa tessiture evolue. Lors d'une interview, je l'avais entendu nous dire à quel point c'etait pour elle un rêve et un but qu'elle souhaitait vivement de pouvoir enfin attaquer le repertoire italien. C'est vrai que sa voix est encore un peu "timide" dans ce registre, manque encore un peu de couleur vocale malgré tout, mais sa conviction et ses clowneries donnent à ce rôle un veritable interêt scénique.

Ce soir là Stefano Secco incarnait Rodolfo et Tamar Iveri Mimi. Leurs voix s'harmonisent vraiment bien , Secco est très convaicant et Tamar Iveri idéale dans ce rôle.

Nous etions merveilleusement placés, et cela compte aussi. Je le répète encore, pour moi , à Bastille, seul l'orchestre jusqu'au 15ème rang vaut le déplacement à Bastille!!!!

Je sais, c'est exigeant, mais en matière d'opéra, j'applique la politique du tout ou rien!

vendredi, 04 décembre 2009

Week end à New York...opera...opera

Durant ce WE NewYorkais en octobre, deux operas au programme: Tosca, et le Chevalier à la rose.

tosca460x276.jpgCette nouvelle production de Tosca de Luc Bondy remplace celle de Zeffirelli jouée depuis 20 années au Met.... et d'après un connaisseur new yorkais...ce serait un sacré challenge, tellement les New Yorkais aimait "leur" version! Zeffirelli lui-même aurait largement prostesté à l'idée de se faire sortir par un suisse...

Eh bien, peut-être aurait-il dû s'abstenir de changer...Je suis sévère, je sais, mais quand on annonce Bondy au Met, la barre est haute... très haute! on attend de l'innovation, a new touch!

J'avais vu une mise en scène de lui au festival d'Aix en Provence , Hercules de Heandel, qui m'avait enchanté. Des tableaux superbes, des couleurs soft, qui mettait en valeur cette oeuvre si belle, une mise en scène plutôt minimaliste, mais qui sonnait juste et servait l'opera.

J'attendais ainsi pour Tosca qu'il revisite avec une sobriété et justesse cette superbe partition.

Helas,  très décue... la mise en scène est pesante, ennuyeuse même... linéaire. C'est mal joué, voire surjoué, manque de naturel.... désir de reinterpreter sans doute avec quelques effets comiques  qui tombe à plat  vu les circonstances du drame... bref ça ne fonctionne pas...

Karita Matila, en Tosca, est décevante... manque un je ne sais quoi pour nous faire frissoner...ne parvient pas à nous communiquer la passion tragique de cette femme jalouse et  enflammée.. on est loin de la Callas, "the référence" dans ce rôle.

Marcello Alvarez sauve la soirée... ce tenor, que nous avions aimé dans le Trouvère à Londres, est décidemment  très convaincant, et rien que pour lui et ce magnifique air du troisième acte plein de force et d'emotion, on ne regrette pas dêtre resté jusqu'au bout.... Merci encore !

J'ai lu par la suite les critiques desastreuses et les huées lors de la première en presence de Luc Bondy... terrible parait-il....

J'ecoutais hier  sur France culture une emission sur le devenir de la mise en scène, avec pour invité...Luc Bondy. Sa Tosca à NY est bien sûr venue sur le tapis ... Les huées l'on atteint, evidemment, mais il pensait que c'etait à cause du puritanisme conservateur des americains qui n'auraient pas supporté la scène de Scarpia se vautrant avec des" p-t-sses" tandis que des soldats torturent dans la pièce d'à coté...

Certes,et si l'idée de cette scène ajoutée vaut le detour, elle ne fonctionne pas du tout... cela parait grossier et surtout  c'est mal fait et du coup elle semble gratuite... une ficelle justement de metteur en scène façon provoc.

Il expliquait aussi qu'il tentait toujours de rester sobre afin que ses personnages se comportent comme "dans la vraie vie", se regardant quand ils se parlent, ne criant pas sans raison etc... pas faux, c'est sûr.. . laisser aux spectateurs la liberté d'interpreter le texte comme ils veulent.

L'intention est louable... mais dans ce cas je trouve cela raté.

Et Je ne suis pas sûre d'avoir envie de voir l'ennui de la vraie vie dans un spectacle...mais bien plutôt un peu de magie, de rêve, de poésie aussi, et de l'emotion surtout..

AU fond c'est un peu comme ce Macbeth à Paris,avec des gens ordinaires ...Ca fait pas rêver..

bbderrosenkavalierrfsg.jpgLe Chevalier à la Rose de Richard Strauss nous attendais deux jours plus tard.

Nous avions eu la chance de le voir lors de sa 250ème représentation à Vienne, depuis sa création. Souvenirs de féérie, de musique aerienne et melodieuse, legère...

Seulement, nous etions au Met.... et j'ai bien peur d'être un peu brouillée avec cette scène.... est-ce l'immensité de la scène qui rend les mises en scène plus difficiles à réaliser? ou alors le côté "disneyland" americain, qui rend tout un peu fantoche et gros sabot? va savoir.... en tout cas j'ai eu bien du mal avec cette version du Rosenkavalier!

Je me faisais une joie d'entendre Renée Flemming dans le rôle de La Marechale...elle etait bien, mais rien d'exceptionnel.... ma préférence est allée pour la belle  Christine Schäfer dans le rôle de Sophie... superbe voix, aerienne et modulée....un vrai bonheur...

Susan Graham, autre vedette du casting, dans le rôle d'Octavio passe bien... j'ai juste toujours un peu de mal avec ces rôles de jeunes hommes joués par des femmes... Susan Graham a des formes heureusement pour elle bien féminine ( c'est une belle femme d'ailleurs) et malgré un costume "cache-tout" c'est vraiment difficile d'imaginer un mec et forcement dans les scènes de gros calins appuyés, ça fait un peu bizarre... Flemming roulant un palot à Graham, ce n'est quand même pas rien! Bon, je sais, c'est idiot comme remarque... où est donc mon imagination patatitata... mais quand même,  ça fait rire.... et la magie tombe.

Car la mise en scène de Nathaniel Merril  est franchement agaçante... une vaste farce epaisse, je vous dis, façon dysneyland... Le baron de Ochs est stupide, ahahahah gros patapouf ridicule... bref cela rend ces 4h et des poussières assez penible...... d'autant que l'interpretation musicale qui va avec est du même acabit.... pompier! quel gâchis.....

Finalement, après 5 tentatives décevantes , Je ne suis pas sûre d'avoir très envie de retourner au Met....suis pas certaine d'être dans leur cible! Et puis il y a tellement d'autre scène dans le monde...

En plus de Paris, que je garderai toujours,  une prochaine escapade est prévue pour découvrir enfin LA SCala de Milan! RIgoletto en janvier... Youpi!!

Promis je vous raconterai!

 

mardi, 01 décembre 2009

L'art de la copie...

peinture chine.jpgOn a tous observé la capacité des chinois à copier tout se qui se fabrique à travers le monde, de façon très efficace d'ailleurs.

J'ai longtemps imaginé qu'ils ne cherchaient pas ou ne savaient pas créer plutôt que copier en raison de l'uniformisation resultant du communisme et sa revolution culturelle, ayant une facheuse tendance à decréter l'imagination subversive....donc à bannir.

Mais recemment, au detour d'une conversation, une amie artiste-peintre-sculpteur m'a proposé une interpretation bien differente et terriblement interressante....

L'art chinois classique consiste à reproduire  encore et encore les mêmes calligraphies du passé afin d'essayer d'atteindre la perfection du geste.. parfaire encore et encore... De temps à autre un artiste "fou" deroge à cette règle , innove et crée une variante que des générations d'artistes tentent alors de parfaire indefiniment....

Copier, qui chez nous est quasi honteux, serait alors dans la culture chinoise un must?

L'art est souvent révélateur  d'une culture...et nos jugements  si souvent biaisés malgré nous par notre propre culture... chacun son prisme...interressant...

 

lundi, 26 octobre 2009

L"Elixir d'amour, Donizetti

l_elexir_damour.pngBastille, le 15 octobre 2009.

UN REGAL! voilà, c'est dit.

Le choix initial n'était pas vraiment pour la partition elle-même.. mais bien plutôt la présence d'Anna Netrebko.

Et je ne le regrette pas! un vrai moment de bonheur....

La mise en scène gaie et enjouée de Laurent Pelly fonctionne à merveille et permet aux acteurs... pardon aux chanteurs de laisser libre cours à leur fantaisie...

En reponse à Netrebko en Adina, nous avons eu la grande chance d'avoir aussi Giuseppe Filianoti, en remplacement de Charles Castronovo souffrant ce soir-là... et le duo est ideal!

Parce qu'il faut pour ce genre de comedie que les personnages soient crédibles..j'avais vu une version du Met avec Pavarotti en Nemorino... une version lourdingue, ampoulée, Pavarotti enorme pité au milieu de la scène, godichon à souhait, bref pas du tout crédible dans ce rôle de jeune homme amoureux,  transi et innocent, mais pas si bête... ALors certes Pavarotti chantait très bien... mais justement l'opera c'est un tout, et la partie théatrale est essentielle ...

Anna Netrebko est à croquer dans ce rôle... mutine à souhait, elle virevolte, fait le clown,  juste ce qu'il faut, elle est belle.... et elle chante si bien... bref on comprend l'envoutement qu'elle exerce sur Nemorino....Filianoti est parfait aussi, enjoué,.il s'enflamme, boude... innocent et gauche mais jamais cretin..

Leurs voix se marient à merveille, on les sent heureux de jouer ensemble... et cela c'est toujours magique...une grande harmonie

Bravo!

dimanche, 19 avril 2009

Macbeth, Verdi, Opera de Paris

macbeth 2.jpgPour ce Week end, je nous ai concocté un "festival perso"... deux operas, Verdi ! La programmation permettait en effet de grouper Macbeth et Un bal Masqué. Excellente perspective....

Vendredi soir donc, Macbeth. Pour ce genre de partition, on y va surtout curieux de la mise en scène proposée...On connait tous l'histoire terrible, on connait la musqiue, on peut même chanter les airs... ces choeurs si presents et entrainant que j' adore, les grand airs, duos,  en soi un vrai regal! en Bref, on a des referents en tête.... alors on est beaucoup plus critique!!!

Dès les premières minutes, je suis déçue.... l'image Google earth projetée sur l'ecran a evidemment intrigué, on lit le blabla du metteur en scène Teodor Currentzis, sur le programme, donnant sa vision et ce qui'il a cherché à faire...on attend quelque chose de franchement nouveau, revisité...

Mais voilà, le gadget du depart reste un gadget. la mise en scène faisant vivre l'histoire dans un gros bourg, à notre epoque en costard, dans des maisonnettes est bien lugubre.... et surtout terriblement eloignée du texte! La Future reine  , en grosse veste de laine grise, sans forme, vraiment moche faut le dire, s'époumonant autour de ce pauvre macbeth pour lui suggerer son crime est positivement ridicule ... et surtout cela n'apporte rien à la lecture du texte. evidemment qu'on sait tous que les sentiments restent le même quelque soit l'epoque et patati et patata....poncif & cie...Le roi ducan faisant un mime pathetique avec les convives illustrant "la cour" , bref quel ennui!

La ENfin-Reine, qui joue quelques tours de magie le soir du couronnement de son mari est vraiment ridicule et surtout non credible... la ficelle est un peu grosse!

Gênée par ce visuel si pauvre et statique, j'ai fermé les yeux, pour retrouver le chant... sans consolation. lady macbeth ( Violeta Urmana) roucoule telle la castafiore, manque de finesse et de velouté, et macbeth ( Carlos Alvarez) a la voix à l'image de son physique, disons , fine.

Seul Banco (Ferrucio Furlanetto) a une voix très plaisante.... mais il meurt bien vite!!!!

Le metteur en scène a pris un parti pris scénique special. Dans son idée de nous montrer ce petit monde de l'interieur, tel des voyeurs à la fenêtre, il a effectivement créé une boite dans un cadre de fenetre, qui apparait comme en levitation... imaginez le grand rideau noir, dans lequel vous voyez au milieu, un ecran d'environ un quart de la surface...

Et là il y a un vrai souci musical... car déjà l'accoustique à Bastille laisse à désirer. Dès qu'on quitte le parterre, l'orchestre predomine largement sur les voix, surtout lorsque qu'elles sont "timides"... alors imaginez le resultat quand en plus on enferme ces voix dans une boite! reste un orchestre , particulièrement pompier d'ailleurs...Quant aux choeurs, relégués dans les coulisses (eh oui, pas de place dans la boite!!!), semblent bien loin et confus.... malgré la parait-il amplificaion speciale autorisée pour l'occasion.

Je sais , je suis ultra sévère... mais on est tout de même à l'opera de Paris, pas n'importe quelle scène! c'est une nouvelle production, on est en attente, c'est normal! et puis j'ecris sur un blog, pas sur Le figaro! alors j'assume, je n'ai pas du tout aimé cette production prétentieuse , et comme luxe suprême car le temps est precieux... on est parti à l'entracte!

Ce soir, la première d'un bal masqué.... production de 2007, les critique etaient bonnes... suite à la prochaine note!

mardi, 24 février 2009

Le bal des actrices

bal actrices.jpgQue du ciné, en ce moment... eh oui a part le boulot et les soucis, ya les chevaux et le ciné!!! des lectures aussi , faudrait que j'y pense dans mes notes.... petit manque de temps quand même.

Alors tout a l'heure , une petite séance attrapée au vol, en solitaire. l'avantage d'aller seule au ciné, c'est qu'on peut choisir ce qu'on veut sans aucun poid... si c'est nul, hop hop on s'en va et puis voilà.

J'ai donc tenté le bal des actrices.... et ... je suis restée jusqu'au bout avec grand plaisir! c'est assez original,peut etre plutot destiné à un public feminin....la camera virevolte, mais ce n'est pas agaçant, plutot leger; les actrices sont belles, tantôt natures, tantot  très ...actrices! c'est drôle, fin, nous emmène dans un univers qu'on connait peu finalement.

On ne sait jamais au fond quand elles jouent ou non... même si c'est toujours d'elles qu'il s'agit... autoderision parfaite, mise à nu... la scène de repetition où Muriel Robin s'affronte à Jacques Weber est epoustouflante!Faut oser quand même, car on ne sait jamais si c'est du lard ou du cochon!

Maïwenn, qui se met aussi en scène, est magnifique! et Joey star nous surprend par son côté total normal, je pars au boulot et je rentre à la maison... si touchant avec sa femme et son môme...pas forcément l'idée que j'en avais... on brise les clichés!

tout est  à tiroirs, doublee lectures, scènes gigognes...jusqu'à la chute qu'on n'attend pas et qui est franchement marrante! sacré pirouette!

un  vrai bon moment.

 

Le code a changé

code a change.jpgj'adore ce genre de comedie! c'est leger, sans pretention, badin, et finalement pas si tarte! un poil amer, mais juste ce qu'il faut pour une histoire credible. j'aime ces histoires où les personnages s'entremêlent.. les faux-semblant des jeux de rôles, chacun croit à sa partition, faudrait toujours s'y tenir... mais ça craquèle et chacun fait comme il peut... petits arrangements avec soi et la vie pas facile.

Très humain quoi!

c'est bien joué.... et Bruel est si sexy.... dingue! pourtant quand on le detail, il n'a rien de genial... mais ça c'est la mystère du charme!

 

 

Slumdog millionnaire

slumdog millionnaire.jpgTrès beau film. poignant, debut un peu dur dur... visite de l'interieur des bidonvilles de Bombay...les petits orphelins s'organisant pour survivre... les horribles mechants les embrigadant pour les exploiter comme mendiants... brrrr... ce n'est pas rien....même si on sait que le choc est toujours fort quand on se confronte à l'Inde.

J'aime l'univers indien... approché à Dubaï.... un jour c'est sûr j'irai en Inde. Je me sens prête . je dis cela car tout ceux qui y sont allé disent à quel point cette confrontation à la misère et au contraste avec la richesse prend aux tripes...il faut s'y preparer.

Ce film nous plonge dans cette ambiance etonnante du monde indien, cet optimisme incroyable, cet esprit enfantin, très emotif, contrastant avec toute cette misère qui nous semble insurmontable. Je me souviens encore des indiens que je cotoyais à Dubaï qui pleurait pour un oui ou un non... aucune honte pour un homme de pleurer , bien au contraire, c'est naturel . un monde à la fois si dur et si sensible...

La fin en pirouette dansante sur le quai d'une gare est geniale! tout bollywood est là!

........je relis cette note restée à l'etat de brouillon , peu après la sortie du film..... evidemment je n'ai pas changé d'avis, mais cet avis semble bien pauvrichon après la recolte d'oscar.....!!

 

 

mardi, 03 février 2009

Les noces rebelles

noces rebelles.jpegExcellent! j'y allais sans trop d'entrain... film choisi par les amis, pas d'autres propositions attrayantes à leur faire, bon , ok , on y va.... j'ai toujours peur du "we have to talk" sterile à l'americaine....

Surprise! ce film , pourtant bavard, n'est pas de cette espèce insipide.

Chaque réplique vaut le detour. questionnement que l'on peut s'approprier sur nos choix de vie, nos envies profondes, avons nous derapé vers une voie qui ne convient plus, pourquoi, comment evoluer, changer le chemin sans tout casser.... bref un sujet si dense, si necessaire, si quotidien au fond...

Hyper bien joué par  le magnifique couple du "Titanic" ( di caprio, winslet)

C'est un film important , il trotte dans la tête et porte à réflechir...et le sujet nous concerne tous, tous âges confondus.

La fin est rude, bien sûr elle n'est pas celle qu'on rêve , mais c'est aussi et justement parce que la vie est comme ça, qu'au fond le malentendu initial si present de nous faire croire que la vie doit à tout prix être facile et belle , est un malentendu qu'il faut eradiquer dès le depart, pour se liberer et pouvoir enfin agir avec optimisme et vivre vraiment.

ELle essaie de sortir du modèle de l'epoque des femmes qui ne lui convient pas, projette son mal être sur son mari, imagine que la solution est de le faire changer lui de  voie... ça ne fonctionne evidemment pas, elle glisse, s'enfonce, n'y arrive plus....terrible et si triste. piegée...

La dernière scène des voisins m'a semblé parfaite, un point d'orgue. illustration montrant à quel point on ne connait jamais les autres, aussi proches soient-ils. on projette le plus souvent sur eux le rôle qui nous arrange. Les wheeler tenaient le rôle du couple merveilleux "so special"..... les voisins soupconnent-ils seulement les orages et tempêtes qui secouent ce couple idéal? oh non, surtout pas, car on aime tant vivre à travers les autres nos contes de fées ratés....!  le seul qui voit la réalité est... celui qui est à l'asile psychiatrique!

Alors quand la faille apparait aux yeux de tous, c'est la debandade, tout est jeté en bloc, comme après une trahison... aucune compassion, pas la moindre compréhension.... on gomme d'un coup... et on remplace par les nouveaux venus si charming... quelle ironie.... et si vraie!

Belle leçon.